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Fenêtre sur cour, la série complète

Voici, dans l’ordre chronologique, les nouvelles inspirées des voisins observés sous les fenêtres, durant la période du confinement :

  1. Mercredi 18 mars – Fenêtre sur cour, première : la valse du crépuscule

2. Jeudi 19 mars – Fenêtre sur cour, deuxième : la vieille femme au drap

3. Vendredi 20 mars – Fenêtre sur cour, troisième : le mystère de l’appartement électrique

4. Dimanche 22 mars – Fenêtre sur cour, quatrième : la petite fille à la corde à sauter

5. Lundi 23 mars -Fenêtre sur cour, cinquième : Monsieur T et ses boules de pétanque

6. Mercredi 25 mars – Inès et Monsieur T

7. Jeudi 26 mars – Fenêtre sur cour, sixième : la dame aux chats

8. Dimanche 29 mars – Fenêtre sur cour, septième : l’emmerdeur du huitième

9. Lundi 30 mars – Fenêtre sur cour, huitième : Yohan, le poète du bitume

10. Mardi 31 mars – Fenêtre sur cour, neuvième : Sacha l’épicier

11. Jeudi 2 avril – Fenêtre sur cour, dixième : Madame T

12. Vendredi 3 avril – Fenêtre sur cour, onzième : L’homme qui ne possédait rien

13. Samedi 4 avril – Fenêtre sur cour, douzième : Les gars du Poulet Braisé

14. Lundi 6 avril – Fenêtre sur cour, treizième : Canard déchaîné

15. Mardi 7 avril – Fenêtre sur cour, quatorzième : Amours confinées

16. Jeudi 9 avril – Fenêtre sur cour, quinzième : le jeune couple du deuxième étage

17. Vendredi 10 avril – Fenêtre sur cour, seizième : Le mystère de la chambre jaune

18. Samedi 11 avril – Fenêtre sur cour, dix-septième : Max, Joachim et la dame aux chats

19. Mardi 14 avril – Fenêtre sur cour, dix-huitième : Dumollier et le mystère de la chambre jaune

20. Mercredi 15 avril – Fenêtre sur cour, dix-neuvième : La jeune femme à la cigarette

21. Vendredi 17 avril – Fenêtre sur cour, vingtième : L’intuition de Sacha

22. Dimanche 19 avril – Fenêtre sur cour, vingt-et-unième : Le vieillard aux livres

23. Mardi 21 avril – Fenêtre sur cour, vingt-deuxième : L’étranger

24. Jeudi 23 avril – Fenêtre sur cour, vingt-troisième : Le mystère de la chambre jaune, fin

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Dimanche 10 mai – Regarde


L’étoile du berger
Murmure le secret antique
Regarde
Accepte : 
Tout est là.

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Samedi 9 mai – seul reste

Ce matin-là comme tous les autres, tu es partie au travail
Mais tu n’es jamais revenue.
Tu ne supportais pas le ciel trop bas, ce voile noir qui encombrait ton horizon.
Tant de rêves impossibles, tant d’espoirs jetés au feu, dans cette vie-là.

Tu es partie sans avertir personne, sans laisser ni mot, ni trace,
Tu as rejoint l’armée de ceux qui choisissent, un jour, de s’évaporer.
Derrière toi les braises ont refroidi lentement, la pluie a lavé les cendres,
Seul reste le souvenir de tes sourires incertains.

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Vendredi 8 mai – Refuse

Refuse le monde
Épouse la faille
Sois le clair-obscur

La douceur
Se tapit
A l’ombre des géants

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Jeudi 7 mai – A l’aube

Quelque part dans la forêt des brumes
Le vieux Chamane chuchote dans la langue oubliée
Les ailes des oiseaux se chargent sous l’averse
Nous marchons sur les traces de l’ours-esprit

Ce soir nous guettons le chant de la reddition
Et le murmure triste des pas perdus
Ce soir nous dormirons au creux d’une souche
Demain à l’aube, le soleil réinventera nos corps

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Mercredi 6 mai – Peaux

Lorsque nos peaux se touchent
Le temps s’oublie.
Pendant quelques instants
Nous avons ni passé, ni avenir,
Nous sommes.

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Mardi 5 mai – Nos abysses

Sous nos yeux le monde bascule
Les frontières se dressent
Les libertés s’estompent

Les peurs antiques prennent corps
Sur les visages aimés
Dans nos chairs abîmées

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Lundi 4 mai – Nous marchions

Nous marchions dans Paris comme si le monde nous appartenait
Nos mains frôlaient les pierres noires de l’église, 
Le zincs des bars sales, le cœur palpitant de la cité

Nous marchions dans Paris ou plutôt nous courrions
Toujours pressés, toujours en retard, pour faire comme les autres
Nous feignions d’être des leurs, si bien

Nos cœurs papillons épousaient la lumière de la ville sans étoile
Nos pas chassaient l’écho des histoires 
Serinées par les fantômes bleus

Nous rêvions au succès que nous n’aurions jamais
Nous buvions énormément, à toute heure,
Pour n’importe quelle raison

Nous marchions dans Paris jusqu’à l’épuisement
Avant de nous asseoir à l’aube
Dans ce parc que tu aimais tant

Nous regardions les passants en récitant des vers fous
Nous avions en commun de ne rien comprendre
A cette vie-là

Nous parlions de ce chalet ancré à la montagne
De ce lac où nos corps immergés oublieraient la faim
Et la douleur de nos plaies mal soignées

Nous étions des enfants perdus
Nous n’avons pas su grandir droit
A tant refuser leurs règles

Je marche dans Paris à l’heure où les hommes se lèvent
La Lune ce soir brillera peut-être
Je t’attends dans ce parc que tu aimais tant.

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Dimanche 3 mai – Les hommes d’avant

Ils étaient les hommes puissants
Ceux enfilant chaque matin un costume noir
Ceux que l’on laisse passer sur le trottoir
Parce qu’ils ont l’air
Si importants.

Ils étaient les hommes puissants
Aux fronts toujours stressés
Partant tôt, rentrant tard
Leur téléphone vibrait
A chaque minute

Le soir ils déposaient un baiser
Sur le front de leurs épouses
Sur les joues de leurs enfants
Ils murmuraient des excuses :
Le mois prochain sera plus calme

Désormais les hommes puissants
N’enfilent plus leurs costumes
Ne sortent plus ne vibrent plus
N’ont plus l’air si important

Ils découvrent leurs foyers
Ils découvrent leurs épouses
Ils découvrent leurs enfants
Ils découvrent la peur

Ils se réveillent la nuit
La gorge oppressée
La poitrine creusée par le vide
Ils tombent dedans

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2 mai – Tempête

Violence et douceur
En tempête mêlée
Soufflent sur nos pas,
Effacent le chemin.

Toute notre vie
Nous recherchons
L’intuition perdue
La vaine liberté.